Panneaux souples d’isolant en fibres de lin posés entre des solives en bois, vus par-dessous, avec des gaines électriques et des boîtiers blancs.

Résistance thermique d’un isolant, lire le R et quelle valeur viser

Image d’en-tête. Photo Øyvind Holmstad, CC0, via Wikimedia Commons

Dans une maison non isolée construite avant 1974, la chaleur s’échappe de 25 à 30 % par le toit et de 20 à 25 % par les murs. Elle s’échappe aussi de 10 à 15 % par les parois vitrées, comme les fenêtres, de 7 à 10 % par les planchers bas et de 5 à 10 % par les ponts thermiques.1

Ce que mesure le R

La résistance thermique R d’un matériau traduit sa capacité à empêcher le passage du froid ou de la chaleur, pour une épaisseur donnée. Plus R est grande, plus le matériau est isolant. Sa valeur est donnée en m².K/W.2

R dépend de l’épaisseur du produit et de sa conductivité thermique, le lambda (λ), en W/m.K. Le lambda dit à quel point le matériau laisse passer la chaleur. Il dépend de la nature du matériau et de sa masse volumique, c’est-à-dire de son poids pour un volume donné. Plus il est faible, meilleur est l’isolant. On obtient R en divisant l’épaisseur, en mètres, par le lambda. La résistance thermique et le lambda sont visibles sur l’étiquette du produit.3 R y figure obligatoirement.4

R égale l'épaisseur divisée par le lambda, 0,20 m divisé par 0,040 donne R 5, et derrière une ossature on retient 80 % pour le bois, 50 % pour le métal.
20 cm d’un isolant de lambda 0,040 donnent un R de 5 m².K/W.

Calculer le R de votre isolation

Entrez le lambda et l’épaisseur indiqués sur l’étiquette de l’isolant.

Comment le calcul est fait

R = épaisseur en mètres divisée par le lambda, puis 80 % de cette valeur derrière une ossature en bois et 50 % derrière une ossature métallique. Seuils du ministère de la Transition écologique (réglementation au 1er janvier 2023) et de l’Anah (septembre 2026). La réglementation vise l’ensemble paroi et isolant, les aides le seul isolant posé.

Les seules valeurs qui comptent

La résistance thermique figure sur l’emballage des produits marqués CE ou certifiés, Avis Technique, CSTBat, NF, ACERMI ou Keymark. Seules ces valeurs déclarées permettent de vérifier que la réglementation est respectée.2

La certification ACERMI est une démarche volontaire des industriels. Les isolants sont prélevés en usine deux fois par an, et testés en laboratoire pour leur résistance thermique, leur réaction au feu et leur aptitude à l’emploi. Ces contrôles garantissent que le produit certifié a bien les caractéristiques annoncées sur l’étiquette.3 La recherche de certificats sur le site de l’ACERMI permet de vérifier un isolant par fabricant, par famille de produit ou par produit.

Ce que le moins cher peut coûter

Un isolant interrompu par une ossature est moins efficace qu’un isolant continu. Si l’ossature est en bois, il faut retenir 80 % de la valeur de R marquée ou calculée, et seulement 50 % si l’ossature est métallique.2

Les ponts thermiques sont les zones plus exposées au froid extérieur. L’humidité s’y condense, et l’isolation doit être continue pour les éviter. Une bonne isolation demande les bons matériaux et des professionnels expérimentés, qui choisiront la technique la plus adaptée au logement. Il ne faut pas oublier la ventilation. Une fois le logement isolé, elle est indispensable pour évacuer l’humidité et les polluants.1

Pour les aides, la résistance thermique de l’isolation existante n’est pas prise en compte. Seul compte le R de l’isolant posé.5

Le minimum fixé par la réglementation

La réglementation s’applique dès que l’on commence à améliorer l’isolation ou à rénover l’enveloppe du logement, c’est-à-dire ses murs, sa toiture, ses planchers bas et ses fenêtres. La paroi et son isolant, ensemble, doivent atteindre au moins la résistance thermique minimale fixée par la réglementation. Ce minimum dépend de la zone climatique.2 Les zones climatiques sont fixées département par département. La zone H3 regroupe les Alpes-Maritimes, l’Aude, les Bouches-du-Rhône, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, le Gard, l’Hérault, les Pyrénées-Orientales et le Var. Les autres départements de métropole relèvent des zones H1 et H2.6

Paroi, R minimal en m².K/W depuis le 1er janvier 2023Zone H1Zone H2Zone H3
Mur extérieur, toiture de pente supérieure à 60°3,23,22,2
Mur en contact avec un volume non chauffé2,52,52,5
Plancher bas sur l’extérieur ou un local non chauffé332,1
Plancher de combles perdus5,25,25,2
Toiture de pente inférieure à 60°5,24,54
Toiture terrasse4,54,34

En zone H3, la colonne vaut pour les logements situés à moins de 800 m d’altitude. Plus haut, ils relèvent de la zone H2. Des valeurs plus basses sont admises dans certains cas, par exemple quand l’épaisseur d’isolant ferait perdre plus de 5 % de surface habitable sous une toiture en pente.2

Isoler des combles perdus, ceux qu’on n’habite pas, avec 22 cm de ouate de cellulose soufflée sous Avis Technique respecte la réglementation. Doubler un mur avec 14 cm de polystyrène expansé de type Th 38 certifié ACERMI aussi. Quand une isolation existe déjà et que son R n’est pas connu, on l’estime à partir de son épaisseur en centimètres. On la multiplie par 0,33 pour la mousse polyuréthane et le polystyrène extrudé, et par 0,25 pour les autres isolants.2

Le niveau exigé pour les aides

Pour les aides, les exigences sont plus élevées que le minimum réglementaire.2 Pour la prime des fournisseurs d’énergie, la résistance thermique doit atteindre au moins 7 m².K/W en comble perdu et 6 m².K/W en rampant de toiture, sous la pente du toit.5

ParoiRénovation d’ampleur, MaPrimeRénov’Autres aides
Plancher de combles perdusR ≥ 7R ≥ 7
Rampants de toiture et plafonds de comblesR ≥ 6R ≥ 6
Toiture terrasseR ≥ 6,5R ≥ 4,5
Murs, isolation par l’intérieurR ≥ 3,7R ≥ 3,7
Murs, isolation par l’extérieurR ≥ 4,4R ≥ 3,7
Plancher basR ≥ 3R ≥ 3

Les valeurs sont celles du guide des aides de l’Anah, en m².K/W.4

Barres comparant le R minimal réglementaire en zone H1 et le seuil de la rénovation d'ampleur pour six parois.
Les aides demandent plus que le minimum réglementaire.

Par où commencer

Le toit doit être isolé en priorité, car c’est l’action la plus rentable. Les murs gagnent à être isolés par l’extérieur pour plus d’efficacité, et les planchers bas plutôt par le dessous. Une approche globale, en une ou deux fois, limite les risques de dégradation du bâti, d’incompatibilité entre les techniques et d’apparition de ponts thermiques.1 Mieux vaut isoler le toit avant de remplacer les fenêtres.2

À lire aussi, Rénovation énergétique, ce qu’il reste à payer après les aides de 2026.

Sources

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la résistance thermique R d’un isolant ?

La résistance thermique R d’un isolant traduit sa capacité à empêcher le passage du froid ou de la chaleur, pour une épaisseur donnée. Plus R est grande, plus le matériau est isolant. Elle s’exprime en m².K/W et figure obligatoirement sur l’étiquette du produit.

Comment calculer le R d’un isolant ?

Le R d’un isolant se calcule en divisant son épaisseur, en mètres, par sa conductivité thermique lambda, exprimée en W/m.K. Le lambda dépend de la nature du matériau et de sa masse volumique, et plus il est faible, meilleur est l’isolant. Le R et le lambda sont indiqués sur l’étiquette du produit.

Quel R pour une bonne isolation des combles perdus ?

Pour isoler des combles perdus, la réglementation impose une résistance thermique d’au moins 5,2 m².K/W, et les aides, prime des fournisseurs d’énergie comme MaPrimeRénov’ en rénovation d’ampleur, demandent au moins 7 m².K/W. Isoler des combles perdus avec 22 cm de ouate de cellulose soufflée sous Avis Technique satisfait à la réglementation.

Quel R pour isoler une toiture en rampants ?

Pour isoler une toiture en rampants, les aides demandent une résistance thermique d’au moins 6 m².K/W. La réglementation impose au moins 5,2 m².K/W en zone H1, 4,5 en zone H2 et 4 en zone H3 pour une toiture de pente inférieure à 60°, et 3,2 ou 2,2 selon la zone au-delà de 60°.

Quel R pour une bonne isolation des murs ?

Pour isoler un mur extérieur, la réglementation impose une résistance thermique d’au moins 3,2 m².K/W en zones H1 et H2, et 2,2 en zone H3 sous 800 m d’altitude. Les aides demandent au moins 3,7 m².K/W, et 4,4 pour une isolation par l’extérieur en rénovation d’ampleur. Doubler un mur avec 14 cm de polystyrène expansé de type Th 38 certifié ACERMI satisfait à la réglementation.

Quel R pour isoler un plancher bas ?

Pour isoler un plancher bas sur l’extérieur ou sur un local non chauffé, la réglementation impose une résistance thermique d’au moins 3 m².K/W en zones H1 et H2, et 2,1 en zone H3. Les aides demandent au moins 3 m².K/W. Les planchers bas s’isolent plutôt par le dessous.

Une ossature réduit-elle le R d’un isolant ?

Une ossature réduit le R, car un isolant interrompu par une ossature est moins efficace qu’un isolant continu. On retient 80 % de la valeur de R marquée ou calculée avec une ossature en bois, et seulement 50 % avec une ossature métallique. L’isolation doit rester continue pour éviter les ponts thermiques, qui sont des points de condensation.

Comment connaître le R d’une isolation existante ?

Quand le R d’une isolation existante n’est pas connu, on l’estime en multipliant son épaisseur en centimètres par 0,33 pour la mousse polyuréthane et le polystyrène extrudé, et par 0,25 pour les autres isolants. Pour les aides, la résistance thermique de l’isolation existante n’est pas prise en compte, seul compte le R de l’isolant posé.

À quoi sert la certification ACERMI ?

La certification ACERMI assure qu’un isolant possède les caractéristiques annoncées sur son étiquette, dont sa résistance thermique. C’est une démarche volontaire des industriels, dont les produits sont prélevés en usine deux fois par an et testés en laboratoire pour leur résistance thermique, leur réaction au feu et leur aptitude à l’emploi. Seules les valeurs déclarées dans un cadre reconnu, marquage CE, ACERMI, Avis Technique, CSTBat, NF ou Keymark, servent à vérifier le respect de la réglementation.